YVONNE BESSON


Yvonne BESSON

Un Coin Tranquille Pour Mourir


Aux éditions EDITIONS DES EQUATEURS

972

Lectures depuis
Le jeudi 25 Novembre 2004
Un Coin Tranquille Pour Mourir

Une lecture de
L A

Il est des polars dont les premières phrases marquent à jamais la mémoire du lecteur. Immédiatement celui-ci pressent qu’il tient dans ses mains un livre qui fera date.
On se souvient de
« Les facultés de l’esprit qu’on définit par le terme analytique sont en elles-mêmes fort peu susceptibles d’analyse »
« Il était une fois un homme habitant près d’un cimetière… »
« L’intérieur de Georges Gerfaut est sombre et confus, on y distingue vaguement des idées de gauche »
« La fille apparut brusquement dans le champ lumineux de mes phares »
On se souviendra de
« Mais pourquoi est-ce que j’écris ça à la troisième personne ? pourquoi dire il quand c’est moi qui… »
Non seulement cette entrée en matière éveille la curiosité de par son évidente fausseté -Ne s’agit-il pas d’un roman ? Les personnages seraient-ils autre chose que romanesques ? - mais aussi et surtout parce que 350 pages plus loin, une phrase tout aussi surprenante répond en écho :
« Tu oublies que je suis un personnage de roman ! »
Entre ces deux phrases, l’auteur déroule une histoire de serial killer, entièrement contenu entre ces mots qui se répondent, telle une remarque entre deux parenthèses.
Mais s’agit-il vraiment d’une histoire classique de serial killer ? Qui, comme il se doit et pour d’obscures raisons philosophiques et religieuses, a décidé de débarrasser la terre des individus que ses pulsions lui désignent comme abjects et menaçants.
Bien sûr, les cadavres s’accumulent au fil des pages et notre tueur revendique les meurtres d’au moins cinq créatures innocentes et paisibles. Mais aucune particularité physique ne relie ses victimes. Ce tueur n’égorge ni les blondes vaporeuses et rieuses à la poitrine maternelle, ni n’éventre les prostituées besogneuses et bigarrées au rouge à lèvres criard. Ses meurtres sont tellement dissemblables que même la police ne soupçonne pas son existence.
Les seuls qui connaissent ses activités funestes sont les lecteurs, les lecteurs de son journal intime. C'est-à-dire nous.
Mais peut-on faire confiance à un tueur ? Doit-on le croire sur parole ? Et si tout ceci n’était que fiction ? Et s’il fallait vraiment écrire à la troisième personne ?
Pourtant les cadavres sont là ! Le tueur a éclaté le crâne de Jeanne et son corps gît sur le dos à quelques mètres de la cheminée de marbre, au milieu d’une marre de sang, le tee-shirt relevé jusqu’au ventre, « laissant le sexe à découvert ».
Portant les lieux et les ambiances décrits ne relèvent pas de la fiction. Le désespoir des jeunes stagiaires de l’éducation nationale, les rivalités aux causes absconses entre enseignants, les directeurs au comportement militaire, les intellectuels alcoolisés, les hommes politiques prévaricateurs et les enfants qui n’ont rien de prodigue… autant de faits qui n’appartiennent pas à la sphère de l’imaginaire.
Un coin tranquille pour mourir est le quatrième volet de la série des Carole Riou qui avait débuté par la réécriture d’un mythe grec et qui trouve ici son expression la plus achevée. Peut-être parce que l’auteur s’éloigne de la pure intrigue « anglaise » et construit une banale et surprenante histoire vraie autour de son interrogation sur l’acte d’écrire.

Autres titres de
yvonne besson



Double Dames Contre La Mort

La Nuit Des Autres

Meurtres à L'antique

Chercher yvonne besson    sur
Lire les 1 réaction
et réagir
à cette chronique
sur le Forum polar
Pour réagir sur le forum du RayonPolar
Votre publicité ici contactez le Site
Sur la totalité du Web Sur les 7980 pages du Site
chiffres Google
Le vendredi 8 Juin 2007
(C) Les textes n'engagent que leurs signataires
La majorité des illustrations de ce site sont des reprises des couvertures de la collection Néo et sont signées de
Jean-Claude Claeys.

Reproduit ici avec son aimable autorisation
Pour visiter son Site
Pour acheter des originaux
Cliquez sur l'image
Les forums du Rayon du polar ne sont pas modérés
...dans la mesure où chaque intervenant respecte les règles élémentaires du savoir vivre...
Alors n'hésitez pas :
poussez une porte...
"Site Fumeur.
Y'a plus que sur le Web qu'on peut maintenant"
Site dédié au Polar (roman policier)
Si vous entrez directement sur cette page,
Retrouvez ses nouvelles en ligne, ses critiques de polars, de films, de séries TV
Sa liste de revues et sa galerie de couvertures de polars anciens.
Visitez le Rayon Polar
Il y a trois sortes de mensonges : les mensonges, les gros mensonges et les statistiques.
- Benjamin Disraeli (1804-1881), homme politique britannique